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Catchers & This Is The Kit

Août 6, 2011

Nous sommes en 1994. Alors que les ondes saturent aux spasmes de NIRVANA, PEARL JAM et DINOSAUR Jr., CATCHERS, un tout jeune groupe irlandais, fait ses premiers pas radiophoniques en France avec pour seul bagage une petite poignée de singles et un EP. Sur la foi de quelques titres, Bernard Lenoir, alors grand ordonnateur de la musique indépendante en nos contrées, offre à Catchers une Black Session sur France Inter. La fragilité et l'objet bucolique des chansons pop du groupe sont à cent mille lieues du grand raout grunge dans lequel nous baignons alors. Le contraste est saisissant.
Cette année-là, les journalistes et les lecteurs des Inrockuptibles, magazine ayant alors des oreilles, classent le premier EP de nos très jeunes irlandais dans le top dix des meilleurs disques de l'année.

Cinq ans plus tard, après deux concerts au festival La Route du Rock, une multitude de tournées de chaque côté de l'Atlantique et un second album, Stooping To Fit, Catchers décide de mettre un terme à l'aventure. Il faudra attendre 2007 pour que Dale Grundle, Catchers en chef, nous donne de ses nouvelles avec THE SLEEPING YEARS.

Nous sommes en 2011. Les jeunes adolescents scotchés à l'antenne de France Inter, en ce soir de septembre 1994, ont bien grandi. La plupart ont probablement perdu l'innocence qui les avait tant touché à l'écoute de cette Black Session.

Le 7ème Ciel, jamais à court de candeur, fut ravi de recevoir CATCHERS pour ce qui fut le dernier concert de la saison. Après un début de soirée pour le moins chaotique pendant lequel des trombes d'eau s'abattirent sur la terrasse du 7ème Ciel et obligea THIS IS THE KIT à jouer dans le salon, Dale Grundle, Alice Lemon et Dan Wood prirent place sur le toit. Le groupe égrena 14 titres, joués pour la première fois dans une configuration acoustique, passant de la pop de Come Around et Cotton Dress à des titres plus fragiles tels que Beauty n° 3 et When I Get Over You. Une très jolie balade qui ramena bon nombre de personnes présentes dans le public à l'époque de leurs premiers émois musicaux.
La soirée se finit fort tard dans le salon et fut ponctuée par Dale et Dan jouant Le Cul Par Terre de MIOSSEC à deux guitares, repris en cœur par les quelques fans encore présents.

Puisque cette soirée était placé sous le signe de l'ingénuité, quoi de plus logique que d'inviter aussi THIS IS THE KIT.
Epaulée lors de l'enregistrement de son second album, Wriggle Out The Restless, de membres de PORTISHEAD et de FRANCOIS & THE ATLAS MOUNTAINS, Kate Stables célèbre le bonheur que nous apporte la simplicité des relations aux êtres aimés et à la nature.
Mélodies enchanteresses et frugalité du propos, les chansons de Kate sont le tapis de plumes sur lequel il fait bon se lover et venir chercher réconfort lorsque l'absurdité et le cynisme parviendraient presque à nous étouffer.

Portrait vidéo de Catchers au 7ème Ciel par Hartzine

Photos

Chroniques

C'est comme un after-shock qui vient vous prendre, la fatigue aidant, le lendemain d'un événement marquant. Une petite réplique sismique insidieuse qui revient ébranler en douce vos bases et fait ressurgir par vagues vos émois mélancolico-musicaux pourtant enfouis sous une tonne de pouics-pouics quotidiens. Nos sens se mettraient-ils à nous jouer des tours ? A-t-on vraiment vu les CATCHERS en formation acoustique en 2011 ? Comment être sûr au final de n'avoir pas rêvé la chose ? Et ce ne sont pas les organisateurs (7ème Ciel et POPnews) qui nous simplifient la tâche de ce côté-là, prenant un malin plaisir dès le départ à entourer la soirée d'un savoureux mystère. Rendez-vous à 21h15 le samedi 6 août 2011 devant un bar dans le 18ème arrondissement de Paris avant de grimper jusqu'au ciel étoilé, sur un balcon avec vue imprenable sur le Sacré Cœur, pour un concert d'anthologie de THIS IS THE KIT et des Catchers.

Sur le papier en tout cas, c'est comme ça que ça devait se passer. Et si côté mystère on a été servi, côté ciel étoilé le réalisateur a pris quelques libertés avec le scénario. C'est donc sous une pluie battante que l'appel des heureux gagnants du concours POPnews se déroule avant que la petite troupe ne se mette en route. Damien, notre hôte d'un soir et l'homme derrière les chats du 7ème Ciel, est bien décidé à tromper l'ennemi, et nous avec, puisqu'après avoir remonté une ou deux rues il nous embarque en file indienne dans un labyrinthe de halls d'immeuble et de jardins intérieurs, puis, une fois perdus, nous dépose au pied d'un ascenseur qui nous emmène sans palier de décompression au 7ème comme promis.

Nous voila donc un peu intimidés à pénétrer dans un salon à l'ambiance feutrée où sont confortablement installés les artistes du soir et leurs amis. Après un moment de flottement, la vie retranchée s'organise, tout le monde sort ses bouteilles, des victuailles apparaissent d'on ne sait où et on attaque sur ses souvenirs de guerre catcheriens avec ses plus proches voisins. L'autre sujet du jour, forcément, tourne vite à l'orage car la soirée avance et la pluie ne montre pas de signes palpables de faiblesse. Lorsque le premier spot éclate sur le balcon, il faut se rendre à l'évidence et entamer les hostilités dans le salon. C'est ainsi qu'une trentaine de personnes se fondent dans les moindres recoins du petit living-room, Kate Stables (This Is The Kit) et son protégé du jour LEVI se retrouvent acculés au canapé qui leur sert rapidement de scène improvisée.

C'est Levi "from California" qui assis sur le haut du canapé commence par nous chanter les arbres et la lune dans le plus pur style folk de là-bas, pas désagréable du tout au demeurant, mais comme on est plutôt impatients de voir Kate nous jouer ses merveilles, deux morceaux du monsieur seront amplement suffisants. Au tour de This Is The Kit en formation solo, et Kate d'ajouter à son tour de chant la prouesse technique de vouloir jouer debout sur un canapé mou, ce qui augurera d'une ou deux situations cocasses et d'un bon torticolis pour le premier rang assis à ses pieds. Pas évident pour elle de rentrer dans le set dans ces conditions mais elle s'en sort très bien comme d'habitude, passant allégrement du banjo à la guitare, zigzagant pieds nus entre les morceaux du premier et du deuxième album, nous offrant deux nouveautés au passage. Le seul regret au final qu'on puisse formuler est que ce fut bien trop court à notre goût. A peine le temps de savourer que c'était déjà Spinney et fini. Mais le miracle de la nature selon This Is The Kit ayant opéré, la pluie avait enfin cessé.

Le temps de dérouler les tapis et pour Dan (l'acolyte d'Alice et Dale pour cette reformation d'un soir) d'installer ses claviers, et nous voila enfin au moment tant attendu, inespéré quelque part, assister en 2011 à un concert des Catchers. Et c'est parti comme en '14 ('94 bien sûr) avec Come around et Beauty n°3, le trio assis dos à la butte Montmartre illuminée, Alice entourée de ses deux compères. Est-ce nous qui faiblissons face à l'événement ? Est-ce le groupe qui peine légèrement à trouver ses marques ? Toujours est-il qu'on met deux ou trois chansons à vraiment entrer dans le set et c'est Christina qui finit de libérer les tensions alors qu'une demi-lune apparaît à l'horizon entre la tour Eiffel et le Sacré Cœur. Un tableau du plus bel effet pour l'éternel Summer's nearly over, bien qu'éphémère puisque les nuages reprendront rapidement le dessus. Sur la lune, pas sur le concert qui a maintenant pris son rythme de croisière et l'on retrouve avec un plaisir intense tous les classiques des Catchers, que ce soient les tubes Shifting et Cotton dress impeccables en version acoustique ou les sautillants Worm out et Country freaks, en passant par le délicat Aqualapping. Et si on est malgré nous un peu plus réservés sur le rythme enlevé plutôt inhabituel de Song for autumn, on fond littéralement pour When I get over you pourtant loin d'être notre préférée sur album mais là avec Dale seul en arpèges à la guitare, l'émotion devient palpable.

Plus le temps avance et plus l'ambiance se déride, Alice et Dale de plus en plus complices, le public de plus en plus expressif, les voisins de plus en plus inventifs (Dale finira en chaussettes pour alléger leurs souffrances face à son talon tempo-massacreur), pour finir en apothéose sur le toujours magnifique Epitaph. On ne les laissera évidemment pas s'arrêter sans un petit rappel, Alice discutant paisiblement avec le public pendant que Dale se réaccorde. Ce revival d'un jour se termine donc en cette heure tardive sur le mal-nommé (en ce qui nous concerne) Half awake et on est d'autant plus éveillé que la soirée continue autour d'un verre en présence de tout ce beau monde.

A-t-on donc rêvé tout ceci ? S'est-on imaginé discuter tranquillement avec Dale, Alice et Dan après le show ? C'est possible, en tout cas dans nos songes, Alice nous racontait ses débuts au sein des Catchers et nous assurait qu'il n'y avait aucun espoir de la voir recommencer ce genre de concert à l'avenir, même si elle compte bien faire une intervention sur le prochain album de THE SLEEPING YEARS (le groupe de Dale depuis 2007). On a eu beau insister et Dale hausser les sourcils, on s'en doutait un peu, il semble qu'on ait été extrêmement chanceux de rêver ce moment unique en leur compagnie.

– Le Cargo / Gab

Catchers & This Is The Kit

Saison 1 Archive

  • The Sleeping Years
  • Dave Olliffe & Frédéric D. Oberland
  • Les Fragments de la Nuit
  • Michael Wookey
  • Richard Lewis
  • In Gowan Ring
  • And Also The Trees
  • Heligoland

Saison 2 Archive

  • Frànçois,<br /> Luc
  • Chapi Chapo & Les Petites Musiques de Pluie
  • Orouni,<br /> Michael Wookey
  • Glen Johnson & Angèle David-Guillou
  • Kwoon
  • Whalebone Polly,<br /> Ladybird,<br /> Rozi Plain

Saison 3 Archive

  • Tiago Sousa
  • Vradiazei
  • The Hand,<br /> Ichi,<br /> Andy Skellam
  • Birch Book
  • Loney Dear,<br /> Tom Cooney
  • Robert Gomez,<br /> Erica Buettner,<br /> The Resident Cards
  • Alexandre Varlet
  • Josh T. Pearson
  • Lolito
  • Maud Lübeck,<br /> Julien Ribot
  • Transbeauce,<br /> Diego Zavatarelli
  • The Daredevil Christopher Wright

Saison 4 Archive

  • Mark Fry,<br /> We Were Hunters
  • Holden
  • Mark Beazley,<br /> Belle Arché Lou
  • Theo Hakola
  • Pete Astor,<br /> A-Lix
  • Jérôme Minière,<br /> Agathe
  • The Missing Season,<br /> Perce-Neige
  • This Is The Kit,<br /> Catchers

Out of Season

  • Gareth Dickson,<br /> Fiodor Dream Dog
  • French For Rabbits,<br /> Flip Grater,<br /> B’ee

Dehors

  • And Also The Trees
  • In Gowan Ring,<br /> Lisa o Piu,<br /> Diego Zavatarelli
  • Theo Hakola,<br /> Lolito,<br /> Alexandre Varlet,<br /> Maud Lübeck
  • In Gowan Ring,<br /> Goodbye Ivan
  • Horla Patrie,<br /> Richard Lewis
  • Minors,<br /> Daniel Chavis
  • Heligoland,<br /> She Owl